N° 257 – Janvier 2014 – Bulletin pyrénéen n° 499

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Couverture : L’Yse en furie, vue prise par Olaïa Calderon depuis sa maison familiale, quartier Villenave à Luz-Saint-Sauveur, le mardi 13 juin à midi.

 
 

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 Sommaire

02 Éditorial par Jean-François Labourie

04 Chronique d’une crue annoncée – Vallée de Barège, 18 juin 2013 par Jean-Louis Massourre

28 Les grandes crues du gave de Pau par Jérôme Souchard

42 L’abri du Mont-Perdu, premier refuge des Pyrénées? par Alain Bourneton et Louis Abbadie

60 Picos de Europa : Naranjo de Bulnes, montagne mythique par Luis Aurelio González Prieto

78 Bibliographie pyrénéenne par Sylvio Brianti

84 Lectures par Gérard Raynaud

89 Chroniques par Gérard Raynaud

108 Musée pyrénéen

109 Amis du Musée pyrénéen

111 Question d’image ?

112 Trait d’Union

 Éditorial

Le grand propriétaire

Ce numéro de fin d’année devait être un numéro de fête. Mais peut-on quitter avec allégresse une année 2013 désastreuse pour les Pyrénées centrales et occidentales ?

Le 18 juin dernier, des inondations exceptionnelles semèrent la désolation dans les vallées des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne (Val d’Aran inclus) mais aussi, côté aragonais, le long du rio Esera. Les communes de Barèges (65), Saint-Béat (31) et Fos (31) ont été particulièrement dévastées.

Six mois après, nous souhaitions faire un point rétrospectif.
Jean-Louis Massourre et Jérôme Souchard éclairent ce drame humain et économique dans sa dimension historique : oui, des crues d’intensité comparable ont déjà affecté le gave de Pau (en 1937 et 1897, par exemple) ; il suffit d’observer les similitudes des dévastations au vu des photographies d’Antoine Campagne en 1897 et de Pierre Lavantès en 2013. Oui, cela était donc « prévisible ».

Le grand historien du Lavedan, Jean Bourdette (1818-1911), rappelle ce vieux proverbe : « Et mes gran proupietari det Labeda qu’ey et gabet », « Le plus grand propriétaire du Labéda, c’est le gave ».
Bourdette précise que ce proverbe fait allusion au gave qui ronge et emporte champs et prés à chaque crue, et qu’il change de cours. Comme si la sagesse populaire avait intégré les débordements calamiteux de ce gave qui a creusé la vallée et qui en reste, aujourd’hui encore, le « grand propriétaire ».


Il faut bien sûr ajouter que cette crue a été suivie par un sursaut impressionnant des institutions pour réparer les dégâts, sursaut symbolisé par le déplacement in situ du président de la République.

Le réseau routier a été reconstitué en quelques semaines et les vallées vont pouvoir bénéficier d’une saison hivernale qui s’annonce précoce. Reste le dossier des indemnisations et des aides promises : il s’agira également, le temps venu, d’observer ces points épineux.

Pour sortir de cette actualité douloureuse, Alain Bourneton et Louis Abbadie nous exposent l’histoire des tout premiers refuges de montagne dans les Pyrénées où les aménageurs pionniers furent des entrepreneurs privés, des sociétés anonymes, des clubs, sans compter l’excentrique Henry Russell.

Puis, Luis Aurelio Gonzáles Prieto continue l’histoire épique du Naranjo de Bulnes, la grande montagne des Picos de Europa. La saga des guides Martinez, les premières ascensions féminines, les affres de la guerre civile de ce massif qui se retrouve à la frontière entre les deux camps, autant d’épisodes marquants de la deuxième page de cette monographie, qui en compte quatre.
Enfin, Sylvio Brianti nous présente un livre sur l’artiste peintre Camille Bonnard. Mystère et finesse néoclassique.

À tous nos lecteurs : bonne nouvelle année 2014 !

Jean-François Labourie