Couverture : Les monts maudits, extrait de la carte au 1/80 000 dressée – seul – par Charles Packe, cofondateur de la société Ramond. L’Anglais Packe désigne les toponymes de cette première carte du massif de l’Aneto, éditée en 1866, sous une forme graphique française. Par la suite, et encore aujourd’hui, les cartographes aragonais, catalans et castillans publièrent des cartes sous leur forme graphique respective, le sommet aragonais devenant un enjeu de pouvoir entre autonomies.
Collection particulière
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Sommaire
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2 Éditorial par Jean-François Labourie 4 L’Aneto instrumentalisé par Gérard Raynaud 18 Picos de Europa, Naranjo de Bulnes, montagne mythique par Luis Aurelio González Prieto 36 Monts Rouch d’Ariège par Cyril Renailler 44 Adrien Bayssellance, action publique et passion discrète par Bertrand Gibert et Philippe Fermigier 68 Louis Robach par Pierre Sarthoulet 79 Question d’image ? 80 Bibliographie pyrénéenne par Jean-François Le Nail 84 Lectures par Gérard Raynaud 88 Chroniques par Gérard Raynaud 109 In memoriam 110 Musée pyrénéen 111 La vie de la revue 112 Trait d’Union | ![]() |
Éditorial
En route
Il y a quelques mois [(Pyrénées, n° 256, avril 2013)}->1350], à l’occasion de la publication de l’ouvrage de Jean-Christophe Rufin, de l’Académie française, Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi, je relevais que le narrateur s’interrogeait à Hendaye sur le sens de son voyage. Sens géographique s’entend, puisqu’il avoue, lui le montagnard, avoir été alléché par l’itinéraire de la Haute route pyrénéenne. Et devant la carence d’un matériel adapté, presque par défaut, « malgré [lui] », il s’engagea in extremis en direction de l’apôtre, sur le camino primitivo.
Bien lui en prit, ainsi qu’à son éditeur chamoniard, les éditions Guérin, qui affichent aujourd’hui un total de 360 000 exemplaires vendus.
Par un intermédiaire, que je remercie chaleureusement, un exemplaire de ce numéro de Pyrénées fut expédié à notre académicien pérégrin. Avec un petit mot, vantant les beautés de notre Haute route, en ajoutant que « le dernier académicien qui randonna aux Pyrénées fut Victor Hugo (fauteuil 24) en 1843. Voir Alpes et Pyrénées».
Il y a quelques jours, une missive m’était destinée, avec en-tête de l’Académie française :
« Cher Monsieur,
Je vous remercie vivement de votre envoi. Votre revue me donne décidément très envie de me lancer un jour prochain sur le HRP… Si tel était le cas, je ne manquerais pas de vous en proposer une relation, sans prétendre égaler mon prédécesseur, l’illustre Victor Hugo !
Je vous prie de croire, cher Monsieur, en l’expression de mes sentiments très cordiaux.
J.-C. R »
Élégante réponse !
Cher Monsieur, sur la Haute route, vous ne manquerez pas de croiser le massif de l’Aneto. Gérard Raynaud nous montre comment le sommet des Pyrénées devint un enjeu de pouvoir. Prenons l’exemple de la cartographie : de son premier explorateur, un Anglais, aux cartographes catalans, aragonais, castillans et français, la toponymie du massif de l’Aneto n’est jamais neutre. Alors que l’Aneto est irrémédiablement en Aragon, chaque cartographe claironne la forme graphique de sa propre région. La géographie, dit-on, ça sert à faire la guerre. La toponymie de l’Aneto n’est certes pas – heureusement – un champ de bataille, mais elle cristallise le pouvoir des autonomies espagnoles de nommer les lieux.
Restons en Espagne et terminons avec Luis Aurelio Gonzáles Prieto la saga du Naranjo de Bulnes, qui trône au sein des Picos de Europa, ces montagnes que vous avez remarquées, cher Jean-Christophe, depuis le camino primitivo.

Puis nous abordons une montagne peu connue en France, le Mont Rouch. Cyril Renailler nous détaille un itinéraire neigeux intéressant, par l’Ariège. Cette montagne, cher académicien, vous l’aborderez au cours de la Haute route par son versant méridional, où l’on trouve le refuge-bivouac Enric Pujol.
Un autre refuge où vous ferez étape en haute Bigorre sera le refuge Bayssellance, sur le Vignemale. Bertrand Gibert et Philippe Fermigier nous dévoilent la haute figure vertueuse d’Adrien Bayssellance.

Enfin, Pierre Sarthoulet nous entraîne dans une nouvelle évocation du pyrénéisme via les cartes postales, nous présentant Louis Robach.
Jean-Christophe Rufin, la Haute route pyrénéenne est à vous !
Jean-François Labourie

