N° 300. Octobre – décembre 2024

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 Sommaire

2 Éditorial par Jean-François Labourie

4 Parlons chiffres par Pyrénées

6 Du Bulletin Pyrénéen à Pyrénées. Une aventure de 130 ans par Gérard Raynaud

16 Raymond Ritter, homme d’action par Pierre de Gorsse

26 Paysage culturel, les Pyrénées retrouvées par Patrice de Bellefon

39 Question d’image ?
40 Pyrénéisme numérique et liberté par Rémi Thivel

52 Tombeaux de Schrader par Louis Le Bondidier et Jules-André Catala

72 Émilien Frossard en pleine lumière par Jacques Le Gall

80 Lectures par Jean-Louis Massourre

87 Chroniques par Gérard Raynaud

110 Musée pyrénéen
111 La vie de la revue
112 Trait d’Union

 Éditorial

Trois cents
La barre est symbolique : 300 numéros parus depuis 1950. Autrement dit, deux mètres linéaires sur les rayonnages d’une bibliothèque, ou plus de 30 000 pages vouées à la connaissance des Pyrénées : une aventure encyclopédique !
Gérard Raynaud présente cette saga, remontant à notre revue-mère, le Bulletin Pyrénéen, fondé en 1896. Comme de nombreux périodiques, la revue Pyrénées est en effet la greffe réussie entre 1948 et 1950 par Raymond Ritter sur les derniers rameaux du Bulletin. Il fallait que tout change pour que rien ne change.
Pour illustrer l’évolution de la revue, la rédaction a décidé de ­republier trois articles parus respectivement dans les numéros 100, 200 et 250.
Pierre de Gorsse dresse le portrait de Raymond Ritter, ­fondateur et rédacteur en chef de notre revue, alors que la mort venait de surprendre ce ­dernier quelques semaines avant la parution du numéro. Raymond Ritter, ce sont les Pyrénées encore en noir et blanc des années 1950 et 1960.

Avec le numéro 200 (octobre 1999), la revue rentre dans les années 2000, la couleur apparait systématiquement et le rédacteur en chef, Louis Lanne, annonce dans son éditorial que la revue « surfe ­désormais sur le web. Internautes de tous pays, rejoignez-nous ! » Quant à Patrice de Bellefon, guide de haute montagne, il commence à développer ses « idées d’altitude. Il est le premier à dire l’importance du « paysage culturel ». Il est le premier à prêcher dans le ­désert l’importance du « paysage culturel », en adéquation avec l’Unesco qui commençait de labéliser les grands sites mondiaux. Nous avons demandé en décembre 2024 une postface sur ce sujet qui fit couleur beaucoup d’encre. Nous nous attendions à d’âpres récriminations : erreur totale.

Pour le numéro 250 (janvier 2012), nous republions l’article de Rémi Thivel sur le pyrénéisme numérique. Guide de haute montagne, ­professeur à l’École nationale de ski et d’alpinisme (Ensa) à ­Chamonix, l’auteur est un témoin particulièrement bien placé – en altitude – pour observer la pratique de la haute montagne. En 2012, il sonnait l’alarme de l’intrusion du numérique en montagne. Dans une très courte postface de décembre 2024, l’auteur constate ­aujourd’hui sa déprimante et exponentielle emprise. La montagne, excroissance des réseaux sociaux, est-elle toujours terre de liberté ?

2024 marque le centenaire du décès de Franz Schrader, le 18 octobre 1924 à Paris. Alors que le Musée Pyrénéen consacrera à partir du 25 juin prochain une exposition centrée sur le précieux don de Luc Chardronnet, son arrière-petit-fils, nous présentons un article sur les tombeaux de Schrader à Gavarnie. Enterré au cimetière le 24 octobre 1924, le génial pyrénéiste fut ré-inhumé le 27 septembre 1927 au Turon de la Courade. Louis Le Bondider, en instituant un comité pour le Monument Schrader, guida Franz Schrader vers sa dernière demeure, sépulcre dissimulé dans l’immensité circulaire du Cirque de Gavarnie. La sublime montagne, qui avait pris le cœur de Franz en 1866, le veillera ainsi pour toujours.

Enfin, Jacques Le Gall rend compte du magnifique ouvrage de ­Bertrand Gibert et Philippe Fermigier sur le pasteur Émilien ­Frossard, naturaliste et artiste, cofondateur de la société Ramond.

En ce soixante-quinzième anniversaire, ce n’est pas sans fierté que la rédaction suit l’azimut fixé par les fondateurs, fidèle à notre ligne éditoriale. Soucieuse du fond et de la forme, libérée de toute publicité commerciale, rigoureuse mais pas « savante », ouverte sur tous les sujets pyrénéens, attentive au Musée Pyrénéen, libre de parole, avide de débats cordiaux, notre revue émanant d’une association d’Amis, soutenue par quelques centaines de ­fidèles abonnés, à la reliure cousue et à la couverture soulignée par un vernis sélectif, est un petit miracle, frêle esquif qui surnage dans un océan numérique. Quelle chance est la nôtre, continuons la route !

Jean-François Labourie